En quête de solitude océanique ?

 

Le paradis des âmes solitaires : 48º 52' 36'' s. 123º 23' 36'' w.

 

C’est peut-être pour les navigateurs à l’esprit littéraire et en quête d’isolement total que la position 48º 52' 36'' s. 123º 23' 36'' w. a été baptisée « Point Nemo », du nom du capitaine du sous-marin Nautilus dans le roman de Jules Verne 20 000 lieues sous les mers (1870). L’écrivain avait puisé dans le répertoire latin pour donner à son héros une identité riche en symbole, « nemo » signifiant « personne ». Judicieux pour désigner ce courageux explorateur des abysses à bord de son bijoux technologique. Aujourd’hui, le nom « Point Nemo » indique la zone maritime la plus éloignée de toute terre émergée, au cœur du Pacifique sud. Vous ne trouverez nulle part ailleurs d’espace océanique aussi isolé de la terre ferme, la première se situant à environ 2 700 km... Patience requise donc pour naviguer jusqu’à ce lieu perdu au large des côtes chiliennes. Angle mort du tumulte du monde, certes, mais curieusement stratégique. Il sert depuis longtemps ... de poubelle à engins spatiaux. La station Mir y repose, avec bon nombre d’autres merveilles de la recherche spatiale. De quoi éveiller la curiosité de Jules Verne, du haut de son paradis céleste.

 

nautilus

 

Courses en ville... à 2 500 km

 

Pour le marin rêvant de solitude terrestre, seule l’île Tristan da Cunha pourrait convenir. Nichée dans les eaux de l’Atlantique Sud, aucun risque d’être dérangé. Les 270 résidents de ce territoire britannique vivent à 8 589 km de Londres et 2 431 km de Cap Town, à l’Est. La population de cette île aux airs écossais peut se vanter de vivre sur la terre la plus isolée de la planète. Le maître des lieux, un volcan culminant à 2 800 m, est une menace pour l’unique village Edinburgh of the Seven Seas. Une éruption, en 1961, contraignit la population à migrer un temps vers Cap Town, puis l’Angleterre. Le monde moderne ne convainquit pas ce peuple de la mer descendant, pour la plupart de ses membres, de navigateurs naufragés au fil des siècles. Le danger passé, ces amoureux du vaste horizon atlantique demandèrent à revenir sur leur île. Ne rêvez pas trop, Amis de Filovent en quête d’un monde perdu, difficile de s’installer sur Tristan da Cunha. L’administration britannique veille et les habitants semblent redouter un contact prolongé avec le tourbillon du monde contemporain.

 

Tristan da Cunha
L'île Tristan da Cunha

 

Courage exigé

 

Quelle alternative pour naviguer loin de tout ? Au-delà du Point Nemo et de l’île des Bienheureux de La Désolation, terme si bien trouvé par Hervé Bazin pour désigner les Tristanais dans son ouvrage rédigé en 1970, la troisième l’option serait certainement de mettre les voiles vers le tristement célèbre Triangle des Bermudes. Peu de monde s’y risque, le calme pourrait être garanti mais ... cet espace maritime conserve intact sa réputation sulfureuse. Aucune théorie définitive n’est apportée à ce jour permettant d’expliquer la disparition de plusieurs centaines de navires et des dizaines d’avions. Les scientifiques évoquent un sol sous-marin chargé de méthane, une géologie et une météorologie complexes... mais rien de tangible. La prudence s’impose donc. Et si cette quête de solitude résidait... dans la simple contemplation de la mer ? « Vivre en paix, dit le Sage, c’est vivre dans le présent ». Alors, Amis de Filovent, ne perdez pas de temps à chercher les confins du monde pour vous y retirer.

 

Article rédigé par Véronique Michel
Redactrice-Veronique-Michel

Diplômée de l’Ecole du Louvre et titulaire de l'agrément de conférencier du Ministère du Tourisme et de la Culture, elle a travaillé pendant dix ans pour la galerie parisienne Marwan Hoss. Installée en Espagne depuis 1997, elle est chargée de conférences en Histoire des arts, cultures et religions du monde à l’Institut Français de Barcelone.

 
 


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