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Titanic, le choix d’un nom

 

23 h 40, le 14 avril 1912 : la fin d’un Titan

 

Il y a 110 ans disparaissait au large de Terre-Neuve le paquebot assurément le plus célèbre de l’histoire de la navigation, le Titanic, le flanc tribord raclé par un iceberg haut de 30 mètres, grand inconnu de cette tragédie qui emportera en moins de trois heures plus de 1 500 personnes par près de quatre kilomètres de fond. Tout semble avoir été dit sur le sujet, tant cet « insubmersible » incarnait la grandeur, la puissance, le « sublime » d’une époque, celle où nombre de gens croyaient aveuglément en l’infaillibilité du progrès. Logique. Cela faisait plus de quatre générations que se déployait en Europe la fameuse révolution industrielle, mère d’une transformation radicale du monde par l’essor du capitalisme et d’innovations incessantes dans les domaines des sciences, des techniques, des communications ... sur fond d’euphorie.

 

titanic 1916
Photo documentaire du Titanic dans le Titanic Belfast, attraction touristique consacrée au RMS Titanic (photo Adobe Stock)

 

Au début du XXe siècle, l’Occident industriel est confiant. Trop peut-être, puisqu’habité par ce que les Grecs anciens appelaient l’hubris, soit l’orgueil et la démesure. Le nom de notre paquebot nouvelle génération en dit long sur la question.

 

 

Pas toujours bon d’être un Titan

 

Selon Hérodote (c. 484-425 av. J.-C.), « le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure ». En d’autres mots, les dieux veillent à mater la démesure. L’exemple du titan Prométhée nous éclaire : il ose voler le feu sacré de Zeus pour l’offrir aux hommes. Ce geste en fait un bienfaiteur pour l’humanité. Mais quelle audace ! Se prendrait-il pour un dieu ? Zeus fulmine et punit son péché d’hubris. Enchaîné sur le Caucase, Prométhée se fait dévorer le foie pour l’éternité par un aigle, symbole de la puissance divine. Cela lui apprendra à se croire plus grand qu’il n’est...

 

 

Qui a donc choisi le nom du Titanic ? On le sait, nommer un bateau n’est jamais anodin, le monde de la mer étant très superstitieux. Le prestigieux paquebot est le fruit d’une rencontre de deux esprits conquérants caractéristiques de l’époque : le dirigeant des chantiers Harland & Wolff, situés à Belfast, et Joseph Bruce Ismay, à la tête de la compagnie maritime White Star Line. Les deux hommes s’accordent sur la construction de trois super-paquebots offrant le meilleur du marché transatlantique où la concurrence est rude : sécurité, confort, luxe, loisirs... Leurs noms ? Olympic, Titanic et Britannic…

 

Dépasser les limites. Progrès ou hubris ?

 

Pour leurs concepteurs, ces trois merveilles seront l’orgueil de l’Angleterre et le nec plus ultra de son savoir-faire. Convoquer la Grèce antique pour baptiser deux des trois colosses fait donc sens. On choisit les figures les plus puissantes de la mythologie : les dieux de l’Olympe et les Titans. Le troisième bateau, le Britannic, incarne la grandeur de la nation. Choix judicieux pour cette époque nationaliste. La publicité du Titanic vante un paquebot unique, fiable, insubmersible. Mais ... les hommes ne sont pas des dieux : la course au temps pendant la construction, la pression financière, les incidents (rumeur d’un incendie de charbon non maitrisé), le départ retardé, la vitesse et autres disfonctionnements vont précipiter le Titanic vers les abysses... Le nombre réduit des canots de sauvetage (20 pour un navire pouvant accueillir plus de 3 500 personnes) confirme l’hubris des concepteurs. Ceux qui ont renoncé à faire ce voyage inaugural d’avril 1912, envahis par le doute et/ou la superstition, ont été bien avisés (les grands collectionneurs Henry Clay Frick et George Vanderbilt, entre autres). Pour les 1 500 victimes, l’histoire fut autre.

Quid des deux autres transatlantiques de la classe Olympic ? Le Britannic sombrera au cours de la guerre 14-18. Seul l’Olympic fera son labeur jusqu’à sa fin, en 1937. Normal, l’Olympe est le séjour des dieux...

 

 

Article rédigé par Véronique Michel
Redactrice-Veronique-Michel

Diplômée de l’Ecole du Louvre et titulaire de l'agrément de conférencier du Ministère du Tourisme et de la Culture, elle a travaillé pendant dix ans pour la galerie parisienne Marwan Hoss. Installée en Espagne depuis 1997, elle est chargée de conférences en Histoire des arts, cultures et religions du monde à l’Institut Français de Barcelone.

 
 


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