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1620 : l’épopée atlantique du peuple élu de Dieu

 

Martin et la foudre

 

Le 18 février 1546, Martin Luther, père du protestantisme, s’éteint à l’âge de 62 ans à Eisleben (Allemagne), après avoir mené une vie spirituelle intense initiée en 1505. Un jour de cette année-là, le jeune étudiant en droit se trouve sous un orage d’une violence rare. Paralysé par la peur, il promet à Dieu de devenir moine s’il en réchappe... et entre quelques jours plus tard au couvent des augustins à Erfurt. Sa grande destinée mystique commence. Elle le mène à observer de près le comportement de dignitaires de l’Église catholique et à se convaincre de la nécessité d’une réforme. Le 3 janvier 1521, la rupture entre Luther et l’Église chrétienne catholique est consommée par la promulgation d’une bulle papale signifiant son excommunication. La grande aventure du protestantisme commence, provoquant un profond séisme en Europe, déjà amplement bouleversée par « l’élargissement » du monde depuis la découverte du centre-sud du continent américain à peine 30 ans avant, en 1492. Deux événements cruciaux donc : l’un religieux, l’autre géographique et économique. De quoi attraper le tournis...

 

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Martin Luther, père du protestantisme (Photo Adobe Stock)

 

L’Atlantique comme nouveau baptême...

 

Dans l’Angleterre du XVIe siècle, un scénario singulier se dessine : Henri VIII donne naissance au christianisme anglican, voie médiane entre le catholicisme et le protestantisme qui en satisfait certains... et en mécontente d’autres, notamment les puristes de l’idéologie protestante qui décident, en 1609, d’affréter un bateau pour traverser la mer du Nord et se réfugier à Leyde, au cœur des Provinces-Unies réformées, ville prospère animée par de nombreux libres-penseurs. Mais Leyde n’est pas la Nouvelle Jérusalem attendue, il faudra changer de cap, aller plus loin. Or, depuis plus d’un siècle, la colonisation de la moitié nord du Nouveau-Monde va bon train. L’Angleterre fait partie du jeu et donne à ses sujets des chartes de colonisation dont celle à l’origine de Jamestown (Virginie) en 1607, colonie à but commercial. Comme Moïse traversa la mer Rouge pour atteindre la Terre Sainte, ces puritains traverseront l’Atlantique pour vivre en terre vierge, la Virginie. Ces femmes et hommes profondément pieux repartent en Angleterre pour préparer leur grand départ, en tant que « Pères Pèlerins » (Pilgrim Fathers). L’aventure du Mayflower commence.

 

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Le Mayflower lors de sa traversée de l'Atlantique (Photo Adobe Stock)

 

Adieu, vieille Europe !

 

À Londres, les puritains passent accord avec les Merchant Adventurers, une compagnie privée dotée d’une charte royale, indispensable à la création et au développement commercial d’une colonie. La compagnie affrète un de ses navires, le Mayflower, à bord duquel embarquent des gens de métiers qualifiés, envoyés par des investisseurs pour bâtir une nouvelle colonie. Les puritains prévoient de suivre le Mayflower à bord du Speedwell, petit bateau marchand qu’ils comptent utiliser en Amérique pour pêcher. Mais des avaries successives les contraignent à embarquer sur le Mayflower qui quitte Plymouth le 16 septembre 1620. Destination : la Virginie. « L’Arche de Noé » essuie les furies des tempêtes d’automne. Les passagers vivent un enfer, le navire étant inadapté au transport de passagers. Le 9 novembre 1620, la terre ferme surgit enfin de l’horizon. Ce n’est pas la Virginie mais l’actuel Cape Cod, au paysage somptueusement mélancolique. Munis d’une règle rédigée en mer, le Mayflower Compact, les puritains entament une nouvelle vie, le dos tourné au Vieux Monde... À l’automne 2020, un trimaran sans skipper, piloté uniquement par intelligence artificielle (fournie par IBM) refera leur voyage. Son nom ? Le Mayflower, bien sûr...

 

Article rédigé par Véronique Michel
Redactrice-Veronique-Michel

Diplômée de l’Ecole du Louvre et titulaire de l'agrément de conférencier du Ministère du Tourisme et de la Culture, elle a travaillé pendant dix ans pour la galerie parisienne Marwan Hoss. Installée en Espagne depuis 1997, elle est chargée de conférences en Histoire des arts, cultures et religions du monde à l’Institut Français de Barcelone.

 
 


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