Sur les traces de Trafalgar

 

Là où tout a fini

 

Le cap de Trafalgar se trouve au sud-ouest de la péninsule ibérique, entre Cadix et Gibraltar, point de rencontre mythique entre Atlantique et Méditerranée. Le paysage y est aride, le panorama vaste, un brin mélancolique pour le navigateur venu voir à quoi ressemble cette côte infamante pour l’histoire napoléonienne. On s’attendrait à y trouver des traces de la terrible bataille qui s’y déroula le 21 octobre 1805 entre la flotte anglaise de l’amiral Nelson et celle de Napoléon, sacré empereur depuis un an. Sa flotte franco-espagnole obéit aux ordres de Pierre Charles de Villeneuve, personnage dévoué mais de tempérament (trop) prudent.

 

port de marseille
Cap de Trafalgar

 

Là où tout commença

 

Comment en est-on arrivé à ce désastre, emblématique par l’expression de « coup de Trafalgar » ? Pour le comprendre, intégrons la réalité historique d’une inimitié séculaire entre Français et Anglais. L’amiral Nelson incarne à lui seul cette hostilité entre les deux nations. Fils de modeste pasteur, il a une opinion tranchée sur la Révolution française : un événement sauvage, anticlérical, d’une violence inouïe… En est sorti Bonaparte, un aventurier de petite extraction, l’homme à abattre. Le décor est donc posé. Le combat entre ces deux hommes commence à Aboukir (Égypte) en 1798, où Nelson et l’amiral Villeneuve s’affrontent pour la première fois. La victoire anglaise fait effet d’une gifle. Un premier « coup de Trafalgar ».

 

carte peste noire
La bataille de Trafalgar par Auguste Mayer, 1836

 

Là où tout eut lieu

 

La main sur l’estomac, Napoléon se jure d’en finir avec l’Angleterre qu’il projette d’envahir à partir du port de Boulogne sur Mer. La préparation se fera dans le plus grand secret grâce à des milliers d’hommes fiers d’œuvrer pour la Grande Armée. Pour éviter d’alerter les Anglais, Napoléon élabore une stratégie brillante consistant à mander Villeneuve et la flotte franco-espagnole vers les Antilles pour détruire le cœur économique britannique. L’amiral devait ensuite rallier Boulogne. Surpris sur le chemin du retour par les Anglais au cap Finisterre (Espagne), Villeneuve se replie sur Cadix. L’empereur est furieux, Nelson aussi, mais pour une autre raison : à la poursuite des Français depuis le début, il finit par les anéantir au large du Cap de Trafalgar. Nelson y paie le prix cher en mourrant durant la bataille mais c'est une victoire éclatante pour la flotte anglaise qui met définitivement fin aux ambitions d'invasion de Napoléon. Villeneuve, lui, se suicidera en 1806, honni de tous.

 

carte peste noire
Horatio Nelson par Lemuel Francis Abbott

 

Article rédigé par Véronique Michel
Redactrice-Veronique-Michel

Diplômée de l’Ecole du Louvre et titulaire de l'agrément de conférencier du Ministère du Tourisme et de la Culture, elle a travaillé pendant dix ans pour la galerie parisienne Marwan Hoss. Installée en Espagne depuis 1997, elle est chargée de conférences en Histoire des arts, cultures et religions du monde à l’Institut Français de Barcelone.

 

 
 


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