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Quand les eaux dévorent

 

Le souvenir n’est pas éternel

 

Les espaces sous-marins recèlent partout dans le monde des trésors archéologiques n’attendant qu’à être découverts. Entre le réchauffement climatique des temps préhistoriques (circa – 10 000) qui a, au fil lent de la fonte des glaces, submergé des traces de vie de nos ancêtres, et les bouleversements géologiques que notre planète subit depuis toujours, tout un patrimoine gît au fond des eaux. Des hasards heureux ou de formidables intuitions permettent régulièrement de découvrir des sites effacés de nos mémoires, ce qui laisse toujours perplexe... Peut-on imaginer aujourd’hui que San Francisco ou Barcelone disparaissent sous les eaux sans que personne ne s’en souvienne ? Impensable diront certains. L’Histoire nous montre pourtant que des villes se sont évanouies, bien qu’importantes aux yeux de leurs contemporains. Exemple ? Epecuén, au cœur de l’Argentine, en chemin vers l’oubli, dévorée par son lac... Elle fut pourtant au XXe siècle une station balnéaire bourgeoise de renom. Aujourd’hui, le lac en restitue quelques vestiges sous l’effet de la sécheresse. Couleur squelette, la cité glorieuse donne froid dans le dos...

 

epecuén
Epecuén, ville fantôme

 

Pavlopetri, la plus ancienne cité engloutie au monde

 

À l’extrême sud de la Grèce sommeille en bord de plage la cité engloutie de Pavlopetri, oubliée depuis des millénaires. Nous sommes en Laconie, région âpre battue par les vents, dominée au nord-ouest par l’austère cité de Sparte. Ironie du sort : les Laconiens se distinguaient par la concision de leur langage, parlant peu pour dire l’essentiel... Pavlopetri a disparu du langage... et des esprits. Vieille de 5 000 ans, elle recouvre une place dans l’Histoire en 1967, lorsque Nicholas Flemming, océanographe aux moustaches graphiques, en découvre les vestiges. Située à la pointe du Péloponnèse, son rayonnement remonte à l’âge du bronze (apogée en 1600 av. J.C.), période de développement de villes et d’axes commerciaux. La cité règne sur le commerce oriental de la mer Égée. Des fouilles y ont récemment mis à jour des soubassements de maisons de 7 à 10 pièces, dotées d’espaces de stockage, d’un étage, de terrasses, ainsi que des rues et un cimetière où siègent des tombeaux dont personne ne sait qui y a été pleuré. Cette ville stratégique a fini par sombrer sous les eaux, peu à peu, sans que l’on ne sache vraiment comment... Tempêtes, séismes et cruauté de l’amnésie des hommes y sont pour quelque chose, c’est certain...

 

institut loffler riems
Partie émergée de Pavlopetri

 

Thônis-Héracléion, au fond de la Méditerranée

 

Il y a 20 ans, grâce à la pugnacité d’une équipe d’archéologues, la cité égyptienne de Thônis-Héracléion, immergée dans la rade d’Alexandrie, « sort » des eaux. Elle fut, au premier millénaire avant notre ère, à la fin de l'âge des Pharaons, une ville essentielle du delta du Nil, opulente et respectée. Ce qui n’a pas empêché la perte de son souvenir. Et pourtant, quelle ville ! À seulement 6 km de la côte, ses ruines subaquatiques époustouflantes montrent le faste de son apogée, entre la fin du VIe et le début du Ve siècle avant J.C. Un naos en granit rose est trouvé, cœur sacré d’un temple abritant la statue du dieu Amon Gereb. Des droits dynastiques y sont inscrits, droits que chaque pharaon doit appliquer pour légitimer son autorité. Un trésor inestimable donc, induisant le déplacement du roi à Thônis-Héracléion pour recevoir l’assentiment du dieu. Enveloppant le naos, le temple, long de 150 mètres. La ville se déploie autour, magistrale. Porte de l’Égypte pour les navires grecs, Thônis-Héracléion est aussi un grand axe de commerce transméditerranéen. Un patrimoine exceptionnel, effacé lui aussi des mémoires, avalé par son sol argileux certainement au VIIe s ...

 

Article rédigé par Véronique Michel
Redactrice-Veronique-Michel

Diplômée de l’Ecole du Louvre et titulaire de l'agrément de conférencier du Ministère du Tourisme et de la Culture, elle a travaillé pendant dix ans pour la galerie parisienne Marwan Hoss. Installée en Espagne depuis 1997, elle est chargée de conférences en Histoire des arts, cultures et religions du monde à l’Institut Français de Barcelone.

 
 


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