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Un mystère qui dure depuis 150 ans...

 

Que se sont-ils dit ?

 

Le 5 novembre 1872, Benjamin Spooner Briggs et David Reed Morehouse, deux capitaines aux commandes de brigantins, la Mary Celeste pour le premier et le Dei Gratia pour le second, dînent ensemble à New York. Leurs bateaux vont bientôt traverser l’Atlantique pour transporter des marchandises vers le Vieux Monde. Une vue du port de New York datée de cette époque et présentée dans le musée South Street Seaport Museum nous donne idée de l’univers dans lequel ces deux hommes évoluent. Elle montre une société dynamique en pleine mutation technique : si la marine marchande à voile est encore bien notable, la marine à vapeur prend un essor fulgurant. De longues trainées de fumée noire « accompagnent » des navires de grande taille, illustrant une économie en cours de modernisation où les voiliers deviennent obsolètes.

La teneur de la conversation des deux hommes, ce soir du 5 novembre, ne nous est pas connue. C’est bien dommage, au regard des événements qui suivront... Deux jours après ce dîner, le 7 novembre, la Mary Celeste lève l’ancre. Le deux-mâts transporte 1 701 tonneaux d’alcool industriel à destination de Gênes. Rien à signaler...

 

port de new york
Port de New York à la fin du XIXème siècle (photo Wiki Commons)

 

De navire de commerce à bateau-fantôme

 

L’équipage est composé de huit membres, auxquels s’ajoutent Sarah Cobb Briggs, l’épouse du capitaine, et leur petite fille Sophia, âgée de deux ans.

Le bateau essuie deux semaines de gros temps sans effets apparents sur sa structure. La dernière entrée du journal de bord, écrite le 25 novembre à 5 heures du matin, ne fait état d’aucun incident particulier. Ensuite ? Plus rien.

Le 5 décembre 1872, le voilier est repéré à environ 400 miles à l’est des Açores par les marins... du Dei Gratia. On comprend l’étonnement du capitaine Morehouse, parti du port de New York huit jours après le capitaine Briggs. Quelque chose cloche, c’est évident... Certes, les deux bateaux n’ont visiblement pas suivi la même route pour traverser l’Atlantique - la Mary Celeste a choisi (?) le passage méridional de l’archipel portugais, le Dei Gratia la route septentrionale - mais Morehouse s’interroge... la Mary Celeste devrait être bien plus proche de sa destination finale. Des hommes sont donc envoyés à bord. Le mystère commence.

Un témoignage parmi tant d’autres...

 

mv faina pirates
Représentation du Mary Celeste, Honore Pellegrin (photo Wiki Commons)

 

Volatilisés à jamais

 

Premiers constats : le brigantin est en parfait état, les voiles ferlées. L’ordre règne dans l’espace des matelots, moins dans celui du capitaine. Les cales sont pleines et intactes. Un détail toutefois : sur les 1 701 fûts, une dizaine a perdu son bouchon, les vapeurs d’alcool les ayant certainement fait sauter. Rien d’inquiétant, sauf le silence : pas âme qui vive à bord. Une chaloupe et les instruments de navigation manquent, les passagers semblent avoir quitté le navire sans incident particulier.

Que s’est-il passé ? 150 ans après, pas de réponse satisfaisante. Tout a été dit : mutinerie (sans traces), attaques diverses et variées - pirates, calamars géants – (sans traces), violence des éléments (sans traces) ... Reste la fraude. Ce fameux dîner entre Briggs et Morehouse pose question... Auraient-ils conspiré pour se partager l’assurance de la Mary Celeste, les sauveteurs ayant droit à une prime indexée sur la valeur de la cargaison du bateau trouvé ? Mais... quid du capitaine Briggs, de son épouse, de son enfant, de ses hommes ? Débarqués avant d’alerter les autorités ? Où ? Pour quelle vie ?

Après enquête, rien de concluant. Morehouse finit par toucher une partie de l’assurance mais pas la totalité. Signe d’une justice qui doute ? Peut-être... La seule vérité dans cette étrange histoire est... qu’elle reste à trouver.

 

Article rédigé par Véronique Michel
Redactrice-Veronique-Michel

Diplômée de l’Ecole du Louvre et titulaire de l'agrément de conférencier du Ministère du Tourisme et de la Culture, elle a travaillé pendant dix ans pour la galerie parisienne Marwan Hoss. Installée en Espagne depuis 1997, elle est chargée de conférences en Histoire des arts, cultures et religions du monde à l’Institut Français de Barcelone.

 
 


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