Vagues

Vague scélérate : du mythe maritime à la réalité

 

Des vagues géantes, imprévisibles et isolées qui peuvent survenir n’importe où et à n’importe quel moment dans tous les Océans du monde, sans aucunes raisons apparentes… On parle aussi de “murs d’eau” qui peuvent atteindre jusqu’à 30 mètres de haut et qui balayent tout sur leur passage. Le scénario parfait pour tourner un film de science fiction, n’est-ce pas? Et pourtant… ce phénomène est malheureusement bel et bien réel. Responsables de nombreux accidents tragiques en mer, ces vagues scélérates brutales représentent la peur ultime des marins puisqu’il est quasiment impossible de leur résister.

Une légende qui devient réalité

Faute de mesures objectives, les vagues scélérates ont été longtemps considérées comme le fruit de l’imagination débordante des marins alcoolisés à bord de leurs navires. Les vagues scélérates ont commencé à attirer l’attention des scientifiques et ont fait l’objet de recherches sérieuses seulement à partir de la deuxième moitié du XXème siècle.

De nombreux cas de vagues scélérates se sont succédés et ont pu être enfin enregistrés et analysés par des scientifiques, ce qui a marqué la fin d’un scepticisme général face à ce phénomène. En l’espace de 20 ans, il y a eu trois grandes vagues scélérates de référence. La première date du 1er Janvier 1995, la vague Draupner ou “vague du Nouvel An” est devenue célèbre comme la plus haute des vagues jamais enregistrées : 25,6 mètres de haut exactement. Elle doit son nom à la plateforme pétrolière norvégienne qu’elle a heurté. La vague d’Andrea a surgit quant à elle dans la mer du Nord en Novembre 2007 et la vague de Killard en Janvier 2014 sur les côtes irlandaises.

Vagues navire

Les caractéristiques des vagues scélérates

Les tsunamis se différencient des vagues scélérates par leur grande longueur d’ondes et le fait qu’elles ne s’élèvent qu’en bordure de côtes. Les vagues scélérates quant à elles présentent à peu près la même longueur d’ondes que leurs voisines mais puisqu’elles font partie d’un train d’ondes dû à l’état de la mer, leur profil est bien plus abrupt et dangereux. L’état de la mer étant irrégulier, la formation de hautes vagues est un incontournable mais plus elles sont hautes par rapport aux autres, moins elles sont fréquentes.

Formées sans raisons océaniques spécifiques, qu'il y ait du courant en surface ou non, on parle de “vague scélérate” lorsque la hauteur du creux à la crête est 2,1 fois supérieure à la moyenne des hauteurs des autres vagues. Les vagues scélérates se différencient donc de leurs voisines par leur hauteur, fréquence, violence et brutalité. En effet, elles peuvent atteindre une hauteur de crête de plus de 30 mètres et ainsi, exercer des pressions phénoménales. Ainsi, une vague scélérate de 30 mètres de haut peut exercer une pression allant jusqu’à 100 tonnes par mètre carré… aucun navire ni équipage ne peut résister à une telle force.

Le phénomène des “trois soeurs” existerait également : il s’agirait de trois vagues scélérates qui se succèdent et qui seraient encore plus virulentes.

La théorie explicative

Avant tout, il est important de distinguer les grandes vagues des vagues scélérates. Les grandes vagues se forment dans une mer agitée, lors d’une tempête ou dans les endroits de vents contraires (dans la zone du courant des Aiguilles par exemple, le long de la Côte Est de l’Afrique du Sud), sans pour autant que leur hauteur ne dépasse de 2,1 fois la hauteur moyenne des autres vagues.

La fréquence des vagues scélérates est directement liée au caractère non linéaire des vagues, connu depuis le XIXème siècle, mais avec des conséquences encore incomprises. La propagation de vagues dans des sens différents provoquerait dans certaines circonstances encore floues, non pas la diminution mais l’accumulation des ondes de houle, à l’origine des vagues scélérates. En effet, dans un train de houle, les vagues scélérates se forment en empruntant l’énergie des vagues voisines et leur rend en déferlant et disparaissant, c’est le concept de la modulation d’amplitude

Voilier tsunami

Des moyens de détection

Entre les années 1973 et 1994, on estime que 22 cargos ont disparus à la suite d’une rencontre malheureuse avec les vagues scélérates. Selon les chercheurs, les vagues scélérates auraient piégé plus de 500 victimes rien que durant la seconde moitié du XXème siècle. En effet, face aux vagues scélérates, les bateaux et les équipages n’ont que très peu de chances de survie.

Pour tenter de pallier à ces catastrophes et d’anticiper en amont la formation des vagues scélérates, un système d’alerte de vagues extrême (SAVAS) susceptible de prévoir sur 7 jours les zones les plus à risques de vagues scélérates, a été présenté en 2012 par la Direction générale de l’Armement et l’entreprise Noveltis. Ce système fonctionne grâce à une modélisation de données météorologiques, physiques et statistiques, qui sont actualisées toutes les 6 heures. Puis en 2000, l’Union Européenne a également lancé le projet MAX WAVE qui consiste à anticiper la formation de vagues scélérates grâce aux satellites.


Toutefois, les vagues scélérates restent la plupart du temps imprévisibles et d’une extrême dangerosité pour les navires et les équipages qui oseraient lui faire face. C’est une réalité qui représente encore aujourd’hui l’un des plus grands mystères des Océans.

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