Chèvre, tasse et Transat…

 

Une histoire de chèvre

 

Il est dit qu’un jour du VIIIe siècle, dans les confins du sud-ouest de l’Éthiopie, dans la région de l’actuelle ville de Jimma, un berger observe avec curiosité ses chèvres dégustant avec délice les petits fruits rouges d’arbustes bien verts. Rien d’exceptionnel en soi quand on garde des caprins... sauf si les biquettes entament une danse de saint Guy juste après leur repas. Interloqué, notre berger récolte les baies, en fait une décoction, la savoure... et se trouve en forme olympique. Viennent d’être découvertes les vertus énergisantes du café. Les adeptes de Descartes, sceptiques par nature, demanderont des preuves. Vraie cette histoire de chèvres survoltées sous l’emprise de la caféine ? On ne le saura certainement jamais... mais peu importe. La caféiculture va rapidement se développer et la consommation du breuvage magique se mondialiser.

 

fruits rouges café
Fruits rouges utilisés pour la conception du café (photo Adobe Stock)

 

Un Havre de café

 

Dans le Yémen du Moyen Âge, les soufis (branche mystique de l’islam) consomment du café au cours de leurs rituels. La boisson se diffuse peu à peu dans le monde arabe, puis au cœur de l’empire ottoman, pour atteindre l’Europe au XVIIe siècle. Hollandais, Anglais, Français dépassent leur statut de simples acheteurs pour entrer dans le bal de ce commerce juteux, déployant des zones de plantations dans leurs colonies, là où les conditions climatiques le permettent : Asie, Amérique du sud, Caraïbes... C’est en 1728 que l’Histoire du café et celle de la ville du Havre se rencontrent, par l’arrivée de premières cargaisons de sacs provenant des Antilles. La ville et son port ont alors plus de 200 ans, leur construction ayant été ordonnée par François 1er en 1517 pour des fins militaires. Deux siècles plus tard, leur fonction est commerciale, le café y est pour beaucoup. Le Havre vit alors un âge d’or grâce à ... l’or vert...

 

falaises d'étretats
Falaises d'Etretat (photo Adobe Stock)

 

Jacques entre en scène

 

Si notre berger des temps anciens observe de son logis céleste l’effet papillon de sa découverte, il doit en être bouche bée puisqu’après le rôle essentiel que le café a joué (et joue encore) dans le commerce mondial, il est aussi l’acteur central d’un événement maritime de taille dont le départ sonnera le 7 novembre 2021 : la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre-Martinique. Départ devant Sainte-Adresse, lieu d’une élégance rare peint par Monet, puis porte de sortie de la Manche, pointe Bretagne, golfe de Gascogne, Canaries où chaque catégorie de bateau (Class 40, Ocean Fifty/Imoca, Ultim) doit suivre un itinéraire spécifique dans sa traversée de l’Atlantique pour rejoindre Fort de France. Un peu de caféine ne sera pas de refus... Une belle manière de rendre hommage aux équipages d’antan qui transportaient l’or vert d’une rive à l’autre de l’océan. Bon vent aux duos de cette aventure intense, pour ne pas dire corsée...

Suivez la course !

Et n’oubliez pas, Le Havre la ville du est inscrite au Patrimoine mondial

 

Article rédigé par Véronique Michel
Redactrice-Veronique-Michel

Diplômée de l’Ecole du Louvre et titulaire de l'agrément de conférencier du Ministère du Tourisme et de la Culture, elle a travaillé pendant dix ans pour la galerie parisienne Marwan Hoss. Installée en Espagne depuis 1997, elle est chargée de conférences en Histoire des arts, cultures et religions du monde à l’Institut Français de Barcelone.

 
 


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