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Le Gitana 17 : une incroyable rencontre de grands esprits

 

Acte 1 : les Rothschild et la voile.

Quel lien peut-être fait entre le monde de la voile, les bords du lac Léman, l’underground de New York et le splendide Golfe du Morbihan? A priori, aucun. Mais puisque notre propos est d’explorer les aspects insolites de l’univers de la mer, en voici un, passionnant de surcroît. Tout commence en Suisse sur les rives du lac Léman à la fin du XIXe siècle, plus précisément le 21 septembre 1876. À quelques encablures de l’imposant château familial de Cologny, la baronne Julie de Rothschild « met les voiles » : le bateau à vapeur qu’elle vient de financer, baptisé La Gitana, bat des records de vitesse sur le lac (20,5 nœuds soit presque 30 km/h). Rappelons que le XIXe siècle est celui de la Révolution industrielle : y règnent donc en maîtres les sciences et les techniques. Les grands esprits de l’époque sont avant tout les ingénieurs. La chance de certains aura été de croiser le chemin d’immenses fortunes, comme celle des Rothschild. C’est ainsi que démarre la grande passion de cette dynastie de banquiers pour les voiliers : à la suite du premier Gitana, celui de Julie, la famille en fera construire un second, puis un troisième … tous plus performants les uns que les autres. En ces débuts de XXIe, le dernier né, le Gitana 17, est un incroyable fleuron de l’ingénierie nautique, trimaran Ultime manœuvré par Sébastien Josse et que les passionnés de voile découvriront au départ de la transatlantique Jacques Vabre, au Havre, début novembre 2017.

 

Bateau à vapeur Gitana
Le bateau à vapeur baptisé "La Gitana" de la baronne Julie de Rothschild

 

Acte 2 : les bas-fonds de New York.

Seattle, 1973 : un enfant naît, Cleon Peterson, au sein d’une famille d’artistes. L’enfant, de santé fragile, passe peu de temps à l’école et développe, comme souvent dans ce cas, une forte sensibilité au monde et à la douloureuse condition humaine. L’art devient pour lui une évidence, un moyen d’expression plus efficace que celui des mots. Il commence comme designer dans l’industrie du skate board où s’affirme rapidement son style : un graphisme nerveux au service d’images de combats menés par des géants déshumanisés. Le tout saturé par des tons amplement contrastés, sans nuances, anxiogènes… Au début des années 1990, Cléon, devenu un jeune adulte, est toujours aussi fragile. Un long passage à vide s’enclenche alors dans l’underground newyorkais qu’il vient de rejoindre et où il croise des destins fracassés, échoués comme lui dans une réalité sombre que tant de mégapoles modernes préfèrent cacher. Drogue, délinquance… et des œuvres toujours plus dramatiques. Il peint « ce monde noir que chacun de nous porte en soi ». Puis la résurrection. En 1998, le célèbre artiste américain Shepard Fairey, n’ignorant pas que « sa réputation le précède », lui fait confiance et l’intègre dans son équipe à Los Angeles. Peterson poursuit dans le prestigieux studio de Fairey ses créations dramatiques révélant la face violente et « primaire » de l’humanité.

 

 

Cleon Peterson - Disappear into midnight
Cleon Peterson - Disappear into midnight ©agnès b.

 

Acte 3 : le golfe du Morbihan, amphithéâtre de la voile.

Le 17 juillet 2017, le chantier Multiplast de Vannes met à l’eau le Gitana 17, le nouveau Maxi trimaran Edmond de Rothschild. Le cadre du Golfe du Morbihan lui sied à merveille. 140 ans après l’audacieux défi de Julie de Rothschild, l’aventure continue. Le Gitana 17 est à la hauteur de ce que l’on attend aujourd’hui des grands voiliers de compétition : un Ultime de 32 mètres, élégant, high-tech, ultra performant avec des foils de dimension impressionnante qui lui permettront, par temps stable, de voler sur la mer. Le design est remarquable, grâce à l’architecte naval Guillaume Verdier et à la volonté d’Ariane et Benjamin de Rothschild d’associer le Gitana au Street Art. Pour « habiller » le bateau, on fait appel à Cleon Peterson à qui le combat des marins contre les éléments semble familier. L’artiste donne naissance à une fresque bleu marine et grise, adaptée aux spécificités du support par le designer Jean-Baptiste Epron : se déroulent sur les coques et les voiles des figures monumentales, puissantes, combatives et fluides à la fois, proches des figures fantastiques hantant la mythologie grecque. Des parents de Poséidon ? Grâce à ce design, l’Ultime est en soi une œuvre d’art, définie « hors les murs » dans le cadre du Lasco Project du Palais de Tokyo, Paris. Rendez-vous au Havre en novembre 2017 pour admirer ce savant mélange entre la très haute technologie, l’art et le bonheur de voir de somptueux voiliers. Ainsi s’achève cette incroyable rencontre de grands esprits. Les sirènes d’Ulysse en resteront bouche bée, sans aucun doute.

 

 

Maxi Trimaran - Gitana 17
Maxi Trimaran Gitana 17 ©Yann Riou

 

Article rédigé par Véronique Michel
Redactrice-Veronique-Michel

Diplômée de l’Ecole du Louvre et titulaire de l'agrément de conférencier du Ministère du Tourisme et de la Culture, elle a travaillé pendant dix ans pour la galerie parisienne Marwan Hoss. Installée en Espagne depuis 1997, elle est chargée de conférences en Histoire des arts, cultures et religions du monde à l’Institut Français de Barcelone.

 

 
 
 


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