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Surprenant Mister Cook

 

Une enfance loin du bleu des mers

 

L’actualité récente a abondamment commenté la faillite de l’entreprise Thomas Cook, naufrage révélateur des difficultés pour certains pans de l’économie du tourisme à s’adapter aux profondes mutations que le XXIe siècle impose. Fin d’une époque donc pour cette compagnie britannique qui fut, en son temps, incroyablement bienveillante et novatrice dans sa mission de faire découvrir le monde à des gens qui n’auraient jamais pensé pouvoir le faire. Si la personnalité de Thomas Cook est peu commune, les circonstances de la création de son entreprise ne le sont pas non plus. Né en 1808 à Melbourne, au cœur des Midlands, le jeune Anglais n’a pas l’occasion d’en savourer les beautés naturelles. Sa famille, engluée dans la misère, ne peut promettre une quelconque ascension sociale. Le père, ouvrier agricole, décède alors que son fils n’a que quatre ans. La mère, elle, ne sait ni lire, ni écrire. Un univers sombre, figé dans l’ignorance des mouvements du monde. Et pourtant, cet enfant, la foi chevillée au corps, permettra aux plus humbles d’élargir leur horizon et de sillonner les mers.

 

thomas cook

 

Un statut d’excellence

 

Devenu menuisier-ébéniste, le jeune Thomas Cook espère sauver l’humanité qu’il perçoit vacillante. La misère dévore les esprits, il est temps d’intervenir... À 20 ans, il parcourt la campagne pour porter la parole évangélique au cœur d’une population ravagée par la révolution industrielle. L’époque n’est que paradoxe. D’un côté la fulgurance des inventions techniques, surtout dans le domaine des transports, fondamentaux pour la circulation des biens. C’est en France qu’en 1783 l’ingénieur Claude François (!), marquis de Jouffroy d’Abbans, fait naviguer pour la première fois un bateau à vapeur. Finie la simple propulsion maritime à voile ou par la force des courants ! En pleine expansion coloniale, les Britanniques se saisissent de l’invention et construisent des steamers, réduisant peu à peu les distances entre les peuples. Que sait Thomas Cook de ces progrès techniques ? Peu de choses, certainement. Son combat ? L’alcool, la tragédie de l’époque. Sa croisade contre le fléau commence en 1845 par un 1er voyage de 16 km (!) qu’il organise entre Leicester et Loughborough pour 570 militants. Objectif ? Un meeting contre le gin que femmes, hommes et enfants boivent à outrance, pour oublier la cruauté de leur vie...

 

voyages

 

Sillonner les mers, pour lutter contre l’obscurantisme !

 

Doté d’un tempérament pugnace, Thomas Cook n’en démord pas : les petites gens doivent recevoir une instruction et sortir de leur univers par le voyage. Intuitivement, il sait qu’il faut communiquer pour se faire connaître. Lors de son premier événement militant, il avait déjà convoqué fanfare et journalistes qui, face à l’originalité du personnage, publièrent des articles élogieux. Lors de l’exposition universelle de Londres, en 1851, notre idéaliste se présente à la sortie des usines avec musiciens, brochures et discours convaincant : « Partez, bonnes gens ! Partez ! Pour peu d’argent, je vous mènerai au bout du monde ! ». Il séduit ces ouvrières et ouvriers en quête d’enchantement, de lumière, d’horizons lointains. Il leur dit que le monde, création de Dieu, est beau et qu’ils y ont droit. Pour une somme modique, l’au-delà des mers est possible ! Magnifique message d’espoir pour les plus humbles. Leurs rêves deviennent réalité, à tel point que le Premier ministre William Gladstone considère que Thomas Cook participe au progrès de l’humanité. En 1872, l’agence Cook organise son premier tour du monde. Les frontières tombent, l’humanité dialogue. Hommage à vous, Mister Cook.

 

Article rédigé par Véronique Michel
Redactrice-Veronique-Michel

Diplômée de l’Ecole du Louvre et titulaire de l'agrément de conférencier du Ministère du Tourisme et de la Culture, elle a travaillé pendant dix ans pour la galerie parisienne Marwan Hoss. Installée en Espagne depuis 1997, elle est chargée de conférences en Histoire des arts, cultures et religions du monde à l’Institut Français de Barcelone.

 
 


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