Le monde maritime est une source inépuisable d’inspiration. En ces temps d’une vie terrestre contrainte, ce premier recueil de nouvelles d’André Cantor nous apporte une bienfaisante fenêtre d’évasion, une occasion de sourire avec des textes à la saveur légère.
La nouvelle est un style littéraire à l’abord facile : la brièveté des récits permet d’insérer facilement des temps de lecture dans nos vies minutées. Mais ne vous y trompez pas : le résultat doit faire l’objet d’un travail méticuleux pour conduire le lecteur, à travers une histoire cohérente et dense, jusqu’à une chute finale qui doit le surprendre pour provoquer sa réaction.
C’est cette exigence qui a séduit André Cantor quand il a commencé à participer à des concours de nouvelles, à faire ses armes parfois de façon fastidieuse, jusqu’à trouver son style, plutôt fluide, et son domaine de prédilection : la mer.
Car c’est par la mer qu’André Cantor est entré dans la vie active en tant que moniteur de voile, au mitan des années soixante-dix. Si les hasards de la vie l’ont par la suite fait changer de voie, il est resté accroché à la côte bretonne comme une bernique à son rocher. Toujours une coque à réparer, des maquereaux à pêcher, des récits de croisières à bouquiner. Aujourd’hui en retraite, il fréquente toujours les eaux de la baie en dériveur, mais ajoute à ses plaisirs celui d’écrire des nouvelles pour enchanter ses lecteurs en portant souvent un regard facétieux sur certains travers de nos sociétés.
Après avoir commis une cinquantaine de texte, dans l’univers maritime ou non, l’idée de l’édition s’est imposée naturellement. Comme l’écume sur la mer regroupe douze nouvelles évoluant du passé historique au futur improbable de la fin du siècle.
Sur fond de Vendée Globe, la première nouvelle « Off course » serait-elle une fiction prémonitoire fustigeant les dérives des évolutions de la technologie ?
Le second texte, « Tempête augmentée », a été primé au concours de Saint Gilles Croix de Vie. Il met en scène les antagonismes entre la protection de la planète et la recherche de profit, entre le réel et le virtuel, entre le drame et le jeu.
Amusez-vous à rechercher les indices d’une fausse énigme dans « Sous les ailes de Fortuna » pour deviner le titre d’un célèbre roman, assez ancien faut-il le préciser. Si vous pratiquez un peu la plongée, vous nagerez prudemment dans les eaux troubles de « Plongée dans un autre monde ». Poursuivez ensuite en découvrant un altruisme clandestin au tournant d’une vie retirée, le soupçon d’une âme au cœur des membrures d’un voilier, l’épilogue inattendu d’une terrible tempête, l’acte manqué face au couperet d’une hypothèque, le revirement optimiste d’un délitement géopolitique, la pirouette déconcertante d’une jeune sardinière, une absence inexpliquée, un projet de fin de vie contrarié.
Au bout du compte, c’est un recueil qui aura toute sa place dans la bibliothèque du bord, pour meubler un quart de nuit ou égayer une bronzette sur le pont.