"Profiter de la beauté du Mékong dans le confort et le luxe d'un bateau pour 4 passagers avec un personnel aux petits soins est une expérience inoubliable, à faire une fois dans sa vie !" C'est avec ces mots que Cédric nous décrit son périple de quatre jours sur le fleuve mythique au départ d’Ho Chi Minh, à bord d’un élégant yacht traditionnel, le Dragon Eyes. En janvier 2026, Cédric et son épouse découvrent une manière singulière de voyager entre le Sud-Vietnam et le Cambodge. Loin des paquebots géants et des foules compactes, c’est d’une parenthèse intimiste loin des standards de la croisière dont le couple profite. Pour ceux qui se demandent si une croisière sur le Mékong est possible, la réponse est oui ! Les formules sont nombreuses, du circuit en groupe au yacht privatisé.
Dans cet article, je vous présente l’itinéraire de ces deux aventuriers à travers les méandres du delta du Mékong, entre rizières luxuriantes, marchés flottants animés et longues heures de navigation à savourer le spectacle du fleuve depuis le pont du bateau.
Une croisière sur le Dragon Eyes
C’est sur l’élégant Dragon Eyes que Cédric embarque pour cette traversée du delta. Ce yacht traditionnel en bois, entièrement construit selon les techniques artisanales vietnamiennes, incarne l'élégance discrète des embarcations d'autrefois. Avec ses deux cabines seulement, il offre une expérience de navigation unique, différente des grands navires de croisière. Ici, pas de foule anonyme ni de buffets impersonnels : on navigue en petit comité, au rythme paisible du fleuve.
Ce genre de croisière standardisée n'est en effet pas au goût de tout le monde, surtout pas ceux qui privilégient l'authenticité d'un petit bateau, l'élégance du bois façonné à la main, et cette impression de vivre une véritable aventure plutôt que de se contenter d'un produit touristique. Le Dragon Eyes est en totale adéquation avec cette philosophie. “On se félicitait d'avoir pris le petit bateau. Les autres groupes, c'est chaque fois 30 personnes qui se déplacent ensemble. Nous, on était quatre." nous confirme Cédric.

La qualité des aménagements constitue une agréable surprise. Les cabines, plus spacieuses qu'on pourrait l'imaginer sur un bateau de cette taille, disposent chacune d'une véritable salle de bain avec douche et eau chaude, un confort appréciable sous ces latitudes tropicales. Le pont supérieur, véritable cœur de vie du navire, invite à la détente avec ses chaises longues disposées face au fleuve, ses tables où sont servis les repas, et ces petites plantes qui ajoutent une touche de verdure à l'ensemble. L'atmosphère qui s'en dégage est celle d'une maison flottante où l'on se sent immédiatement chez soi. Un cadre véritablement "idyllique", comme le résume parfaitement Cédric.
Cependant, ce qui distingue véritablement le Dragon Eyes, c'est la qualité exceptionnelle de son équipage. Cinq membres pour accueillir au maximum quatre passagers : un ratio qui en dit long sur l’attention portée à chaque voyageur. Un responsable de bord très sympathique, une barmaid, un pilote qui connaît le fleuve par cœur, un cuisinier et un mécanicien accompagnent le couple tout au long de leur croisière. "Ils sont d'une gentillesse dingue, vraiment aux petits soins", nous confirme Cédric. Côté cuisine, on mange très bien à bord : des plats vietnamiens préparés avec des produits frais, servis à chaque repas sur le pont face au fleuve. Le Dragon Eyes illustre parfaitement ce que peut offrir une croisière au Vietnam : authenticité, confort et immersion totale.

Le premier jour de la croisière, le couple a le privilège d'avoir le bateau pour eux seuls pendant 24 heures, l'autre couple de passagers n'embarquant qu'à Cai Be le lendemain. Une intimité rare qui permet de s'approprier pleinement ce nouveau domaine flottant et de tisser des liens avec l'équipage. Lorsque les seconds passagers arrivent, l'ambiance reste tout aussi agréable : sur un si petit bateau, les rencontres se font naturellement, sans jamais empiéter sur l'espace vital de chacun.
Itinéraire de 4 jours de navigation sur le Mékong
Embarquement à Can Tho, transfert depuis Saigon (Ho Chi Minh)
Jour 1 : Saigon → Can Tho → Cai Be
Jour 2 : Cai Be → Can Tho
Jour 3 : Can Tho → Chau Doc
Jour 4 : Chau Doc → Phnom Penh
Débarquement à Phnom Penh

Jour 1 : Saigon → Can Tho → Cai Be
C’est avec un départ en navette tôt le matin depuis l’hôtel de Saigon que le premier jour de voyage de Cédric et sa épouse débute. La route traverse la campagne vietnamienne où se dessinent rizières et maisons colorées, avant de rejoindre Can Tho et de débuter le véritable voyage. Le Dragon Eyes attend ses passagers, amarré au ponton. L’embarquement se fait dans une atmosphère chaleureuse : l’équipage accueille notre couple avec des sourires, tandis que le responsable de bord présente le navire et ses installations. Les bagages sont déposés dans la cabine, et déjà les amarres sont larguées.
Le Mékong surprend immédiatement par son activité. "Le Mékong, c'est magnifique. Je ne m'attendais pas à avoir autant de circulation fluviale", confie Cédric. Péniches chargées de sable, barges de transport, sampans de pêcheurs : c'est une vraie autoroute fluviale. "C'est un fleuve qui est en fait relativement industriel. Il y a constamment des péniches." Mais loin d'être un inconvénient, cette effervescence fait partie du charme du voyage. C'est justement ce qui rend le Mékong vivant et fascinant : on observe la vie locale, le commerce, les échanges entre bateaux. Le fleuve n'est pas un décor figé, c'est une artère où tout un monde s'active en permanence.

Le déjeuner est ensuite servi sur le pont pendant la navigation. En milieu d'après-midi, première escale : une promenade guidée dans un village du delta, à travers les vergers et les rizières. C'est l'occasion de découvrir la vie quotidienne des habitants, entre culture du riz et récolte des fruits tropicaux.
Le retour à bord coïncide avec la fin de journée. C'est le moment que Cédric préfère : "J'adorais les moments où on peut être allongé sur le pont et profiter de la vie qui se déroule." Le coucher de soleil sur le Mékong, installé dans une chaise longue : c'est simple mais c'est ce qui marque.
Le soir, dîner à bord puis mouillage pour la nuit. Le Dragon Eyes jette l'ancre au milieu du fleuve, près d'une berge déserte. "Loin de l'agitation, près d'une berge où il n'y a rien", décrit Cédric, avant de passer sa première nuit sur le Mékong.

Jour 2 : Cai Be → Can Tho
Après le petit-déjeuner, le bateau fait route vers Cai Be, où le second couple embarque. La matinée est consacrée à une excursion en sampan à rames sur les petits canaux du delta. Ces embarcations traditionnelles permettent de s'enfoncer dans des canaux étroits, inaccessibles aux bateaux plus grands.
Au programme : découverte du "Đờn ca tài tử", l’art musical traditionnel du Sud-Vietnam inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l'UNESCO. Des musiciens locaux jouent quelques morceaux. Ensuite, visite d'une famille d'artisans sur l'îlot de Tan Phong, puis d'une entreprise de riz. La balade continue à vélo sur les chemins entre les rizières.

L'après-midi est consacré à la navigation. Le Dragon Eyes s'engage dans les différents bras du Mékong. Cédric pensait que l'itinéraire serait en ligne droite : "En fait, on se balade dans les innombrables bras du Mékong. C'est une boucle." Le réseau de canaux est tellement vaste qu'on ne sait jamais si on emprunte deux fois le même chemin. La navigation occupe entre la moitié et les deux tiers de chaque journée, ce qui convient parfaitement à nos voyageurs : "J'aurais fait la même croisière sans arrêt, sans stops, ça m'aurait convenu. La navigation en elle-même, c'est magnifique." nous confie Cédric.
Le soir, le cuisinier de bord prépare à nos voyageurs un dîner vietnamien : nems croustillants, poisson frit aux herbes fraîches, bouillons parfumés à la citronnelle, saveurs vives et délicates du delta, un aperçu de l'une des cuisines les plus célébrées d'Asie du Sud-Est. Le bateau jette ensuite l'ancre au milieu du Mékong, pour une nuit bercée par le fleuve.

Jour 3 : Can Tho → Chau Doc
Le matin, les passagers se dirigent vers le marché flottant de Cai Rang, véritable temps fort de la croisière. C'est le plus grand marché flottant du delta du Mékong, et il faut y aller tôt pour voir l'activité à son maximum. Des dizaines de bateaux chargés de fruits et légumes se retrouvent pour commercer directement sur l'eau. Chaque embarcation est spécialisée dans un produit : pastèques, ananas, choux, bananes... Pour signaler leur marchandise, les vendeurs accrochent un échantillon en haut d'une longue perche : un système simple qui permet de repérer d'un coup d'œil ce que propose chaque bateau. Les échanges se font de bateau à bateau. Les embarcations s'approchent, négocient, transfèrent les marchandises, puis repartent. Au milieu de tout ça, des petits sampans vendent du café et de la soupe aux commerçants. C'est un monde qui fonctionne entièrement sur l'eau. "Le marché flottant est assez impressionnant", note Cédric. Certes, c'est touristique, "mais ça reste agréable". Le couple a croisé quelques groupes de touristes pendant les arrêts, mais rien de dérangeant. L'avantage du petit bateau : on se faufile partout et on évite les grands groupes.

Après le marché, nos passagers visitent une fabrique de nouilles artisanales. Dans un atelier familial, on découvre les différentes étapes de fabrication de ces pâtes de riz qui constituent la base de l'alimentation locale : le broyage du riz, l'étalage de la pâte en fines feuilles, la découpe en lanières, puis le séchage au soleil, un savoir-faire transmis de génération en génération.
C'est ensuite l'heure de quitter le Dragon Eyes. L'équipage dit au revoir aux passagers et un transfert en van prend le relais pour conduire le couple vers Chau Doc, ville frontalière avec le Cambodge.
L'arrivée à Chau Doc se fait en milieu d'après-midi. C'est une ville fascinante située à quelques kilomètres de la frontière cambodgienne, un carrefour culturel où cohabitent quatre communautés : Vietnamiens, Khmers, Cham et Chinois. Les mosquées côtoient les pagodes bouddhistes et les églises catholiques. Dans les rues, on croise des femmes cham en tenue traditionnelle, des marchands chinois, des moines en robe safran. Le quartier entre le marché et le fleuve est particulièrement animé, avec ses vieilles maisons coloniales, ses échoppes et sa promenade le long de l'eau. Pour cette dernière nuit au Vietnam, le Victoria Hotel offre une halte idéale, confortable, bien situé, et à la hauteur du voyage.
Jour 4 : Chau Doc → Phnom Penh
En ce dernier jour, nos voyageurs prennent leur petit déjeuner à l’hôtel, puis embarquent sur un speed boat direction le Cambodge. Ces bateaux rapides remontent le Mékong à vive allure : une ambiance très différente de la navigation tranquille des jours précédents.
Le speed boat arrive en début d'après-midi au quai de Sisowath, en plein cœur de Phnom Penh. Le débarquement se fait sur les berges du Tonlé Sap, à quelques pas du Palais Royal et de ses toits dorés. Un transfert conduit ensuite les passagers jusqu'à leur hôtel, marquant la fin de cette incroyable croisière de quatre jours.
Le bilan de Cédric est clair : "Le Mékong, c'est magnifique."
Quelques souvenirs inoubliables

- Le meilleur souvenir de Cédric : les moments allongés sur les chaises longues du pont principal à profiter simplement de la vie qui se déroule et du paysage. Pas besoin d'activités, la navigation suffit : les péniches qui passent, les villages au bord de l'eau, le paysage qui change en permanence, c’est finalement l’essentiel.
- Les mouillages au milieu du fleuve : deux nuits au mouillage, non pas à quai mais au cœur du Mékong, près de berges désertes. Pas de village, pas de bruit, juste le fleuve et le ciel étoilé : un calme absolu que l'on trouve rarement ailleurs
- La balade en sampan sur les canaux : quitter le fleuve principal pour s'enfoncer dans les petits canaux à bord d'un sampan à rames. Plus de moteur, juste le bruit des rames dans l'eau : une balade inoubliable.
Remerciements
Je tiens à remercier chaleureusement Cédric pour le temps qu'il a consacré à notre échange téléphonique ainsi que pour ses magnifiques photos de voyage !

